Accueil Date de création : 08/08/07 Dernière mise à jour : 26/02/08 20:32 / 16 articles publiés
 

Les Corbeaux Blancs

Les Corbeaux Blancs (9)  (Les Corbeaux Blancs) posté le jeudi 07 février 2008 22:32

9.
L'idée d'avoir été manipulé depuis sa tendre enfance le dégoûta profondément, pire encore le répugna totalement. La rage monta en lui comme la lave d'un volcan en éruption. Tout se passa très vite ... La lame de Ben ne fit qu'un tour et décapita net les deux amants... Ben prenait sa revanche. Aussitôt, il regretta son geste. Il aurait finalement préféré poser des questions. Savoir qui était sa famille avant tout, et puis il aurait aimé les torturer avant de les tuer, qu'il souffre comme son âme souffre maintenant
Il parti les laissant là gisant sur le sol, pensant qu'un animal passerait sûrement par-là en quête de nourriture.

***

Depuis la disparition de Ben, le village d'Uri avait repris un rythme normal. La mère de Ben avait même mis au monde deux nouveaux enfants, d'abord une fille appelée Léana qui avait désormais 11 ans, et un petit garçon Nobu âgé de 8 ans.
Ils étaient en train de jouer dans les champs quand Ben arriva au village.
L'arrivée de cet inconnu fit tourner les têtes, et le tumulte habituel diminua. Il était rare qu'un étranger s'aventure jusqu'ici, dans ce village reculé de la campagne nippone.
Ben avança sous l'oeil curieux des villageois. Une femme tout proche, accoudée au puit laissa glisser la corde entre ses mains qui retenait le seau rempli d'eau.
Le jeune homme pas très grand pour son âge faisait plutôt enfantin malgré sa musculature inhabituelle. Après avoir errer quelques jours dans la forêt afin de se nourrir, ses vêtements étaient particulièrement abîmés, déchirés en plusieurs points.

_ Nobu !! Où es-tu encore allé pour revenir dans...

La femme ne termina pas sa phrase en voyant Ben de plus près. Elle resta figée, là, le regardant intensément. Soudain elle fondit en larme et courra vers lui, elle le prit dans ses bras sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Il fut si surpris qu'il ne vit rien venir.

_ Ben... Oh mon fils ! Cela fait ... si longtemps, trop longtemps... Voilà maintenant 16 ans que ses monstres t'avaient enlevé à moi. Et te revoilà ! Je suis si heureuse de te revoir.
_ Excusez-moi madame... Vous connaissez mon nom... Vous êtes... ma mère ?
_ Mais bien sur que je suis ta mère ! Comment est ce que je saurai ton prénom sinon ? Oh je t'ai tout de suite reconnu, tu es le portrait de ton père, tout comme ton frère. Oh c'est si bon de te revoir. Nous te... croyions mort depuis le temps... Je sais c'est ... mais depuis 16 ans tu comprends...
_ Je suis désolé madame...
_ On non appelle-moi maman voyons...
_ Je suis désolé ma...dame je ne vous connais pas...
_ Pas de ça avec ta mère ! Tu es mon fils que tu le veuilles ou non. Et va falloir t'y faire.
_ Encore une fois je suis désolé, je ne peux rester ici. Ma vie est ailleurs... Je n'ai pas été élevé de cette façon. Je suis fais pour me battre non pour ... cultiver je ne sais quoi.
_ Non tu ne peux pas partir déjà, alors que je viens tout juste de te retrouver ! Tu ne peux pas nous faire ça ... Songe à ta famille, ta pauvre mère qui s'est fait tant de souci, tu n'avais qu'un an quand tu m'a été enlevé !! Tu as même une soeur et un frère maintenant, tu ne veux donc pas les connaître ?
_  ...
_ Oh suis-je bête ... Je parle, je parle mais je ne sais rien de ce qui t'es arrivé. Parle mon garçon, raconte-moi ce qui s'est passé.
_ ...
_ Que se passe-t-il mon fils ? Tu sembles bien grave tout à coup ?
_ Quelle déception...
_ Comment ?
_ Tu parles trop...
D'un geste vif, il lui planta son katana en plein coeur et la regarda froidement, tomber à ses pieds sous l'oeil horrifié des villageois.
_ Avant que tu ne poses la question. Je n'aime pas les faibles.
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Les Corbeaux Blancs (10)  (Les Corbeaux Blancs) posté le dimanche 17 février 2008 23:50

Epilogue.

Des cris retentirent de toute part, les femmes se ruant dans leur maison appelant à s'en déchirer la mâchoire leurs enfants jouant dehors. Quelques téméraires sortirent discrètement leurs armes et tentèrent de le fusiller. Mais aucune balle n'atteint Ben qui les esquiva toute avec son sabre.

Il regarda autour de lui, on pouvait lire dans ses yeux une fureur démoniaque. Deux jeunes enfants, terrifiés, le regardaient de loin. Il sut immédiatement qui ils étaient. Son frère, qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, et sa sœur… Il les observa longuement. Il pouvait voir des larmes coulant de leurs yeux, ils pleuraient leur mère morte devant eux. Ben ressenti quelque chose au plus profond de lui-même. Sa gorge se noua, sa respiration s’intensifia. Et sans qu’il s’en rende compte, des larmes perlaient sur son visage. Désoeuvré, il lâcha son arme qui tomba par terre dans une nuée de poussière. Désemparé, ses jambes se dérobèrent sous son poids, ses genoux se plièrent et vinrent cogner le sol. Il regardait le ciel, les larmes mêlées de crasse continuant de couler sur son visage encore juvénile.

Les villageois qui regardaient la scène ne comprenaient pas ce qui se passait et restèrent passif à la vue du jeune homme en pleurs.

Alors que certains hommes tentèrent de s’approcher, la meute de loup répondant habituellement à Celes, vinrent se poster entre eux et Ben, le protégeant.

Ben n’entendait plus rien, ne voyait plus rien, ne ressentait plus rien. Seul le regard de ses enfants qui venait de perdre leur mère, tout comme lui, emplissait son esprit.

Soudain, la jeune Léana se mit à crier, Willy était au prise d’un loup, sa jambe coincée entre ses crocs. Ce cri strident réveilla Ben, et le fit sortit de sa torpeur.

Il regarda à nouveau autour de lui. John tentait d’aider Willy. Il parvint à faire lâcher prise au loup qui grognait sauvagement. Willy ne sut quoi lui dire, mais on lisait dans ses yeux de la reconnaissance. Il semblerait qu’il se soit enfin réconcilier…

Ben avait regardé les deux hommes sans réagir.

Pris d’une envie folle, Ben s’empara de son katana et assena une multitude de coup plus violent les uns que les autres aux loups encore présent. Ils tombèrent les uns après les autres. Et quand il n’en resta plus un seul, Ben mis fin à ses jours.

Dans un dernier souffle, il regarda le ciel. Se demandant ce qu’il l’intriguait, les villageois en firent autant. Avec stupéfaction, tous virent alors… Un corbeau blanc.

 

                                                                              Fin 

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