Accueil Date de création : 08/08/07 Dernière mise à jour : 26/02/08 20:32 / 16 articles publiés
 
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Les Corbeaux Blancs

Les Corbeaux Blancs (4)  (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 00:11

4.

_ Que dis-tu ? Et puis qui es-tu d’abord ?
_ Qui je suis ? Cela n’a pas d’importance. Je ne suis personne. J’apporte le désastre autour de moi. Et je tue sans scrupule qui se met en travers de mon chemin... Maintenant, rentrez chez vous et oubliez cet enfant qui n’est déjà plus le vôtre.

Il dégagea une aura tellement menaçante que personne n’osa le contredire. Il tourna le dos aux habitants et disparu dans un éclair lumineux.

 ***

Arrivés au village, complètement dépités, ils racontèrent aux autres ce qu’ils avaient vu. Un homme au corps effilé, habillé d’une simple tunique noire cintrée par une corde rouge. Il avait de longs cheveux blancs relevés en queue de cheval accompagné d’une grande mèche lui recouvrant les ¾ du visage. Cela lui donnait une allure plutôt efféminée. Et son arme à double tranchant dans la main pointait vers le ciel. Tout le monde était intrigué par cet homme car personne ne l’avait encore jamais vu dans la région. Qui pouvait-il être ? Venait-il seulement de débarquer ? Tout le monde s’interrogeait sur l’identité de cet inconnu. Après avoir suffisamment parlé de l’étranger, ils parlèrent de l’enfant, porté disparu...

_ Et l’enfant ? Dit une femme.
_ Oublions-le... Répondit un homme.
_ Et pourquoi oublierai-je mon fils ?
_ Cela vaut mieux pour nous. C’est cet étranger qui nous l’a dit.
_ Si cela peut te rassurer, il n’est pas mort.
_ Comment le sais-tu ? Tu l’as vu et ne l’as pas ramené ?
_ Non c’est encore lui qui nous l’a dit... Il semblait savoir des choses que nous ignorions.
_ Ce n’est pas possible... Mon fils ! Je veux le retrouver.
_ L’étranger nous a dis que pour nos vies, il ne fallait pas le retrouver. Qu’il était entre les mains de la pire des créatures qui soient sur cette terre.
_ Mais... Mon fils...
_ Crois bien que nous regrettons nous aussi...
_ Je me souviens qu’il a dit, que peut-être qu’un jour nous recroiserons son chemin... Mais qu’à ce moment-là, il serait un ennemi. Je n’ai pas trop compris, mais cela ne présage rien de bon...
_ Un ennemi, mon dieu quelle horreur... Mon petit garçon, lui qui est si mignon. Comment pourrait-il devenir un ennemi ? Lui qui est si gentil...
_ Nous ne le savons pas... Peut-être que si nous revoyons cet étranger celui-ci répondra à nos questions ?
_ Espérons...

 ***

Dans la petite clairière, au fin fond de la forêt, un petit garçon apprenant tout juste à parler et marcher était élevé à l’écart du monde extérieur par la plus ignoble des personnes, Celes. Celle-ci, cependant, l’éleva comme son propre fils. Cette créature, car on ne pouvait lui donner aucune humanité, vivait sur Terre depuis déjà des centaines d’année. Jadis, au temps des Samouraïs au Japon, l’empereur Tokugawa fut tué sans aucune pitié ni difficulté juste après sa glorieuse victoire à la bataille de Sekigahara. Cette bataille opposait deux familles. Celles des Toyotomi qui prétendait au titre d’Empereur, à celle des Tokugawa qui le convoitait. Ce n’était sans compter la cruauté et la puissance d’une seule personne qui s’empara du pouvoir, Celes la machiavélique. Ainsi, elle fit régner l’ordre et la justice par la force. Ses fidèles guerriers, que l’on appelait les « 15 Généraux » dirigeaient chacun une armée de 100 000 hommes et restaient fidèles à la belle Celes. Quiconque s’opposait à l’Impératrice se vit tuer sur-le-champ. Celes imposa sa force sur le territoire pendant de nombreuses années. Elle n’avait ni cœur ni sentiment. Elle ne voulait que le pouvoir. Jusqu’à ce qu’un homme arriva à faire chavirer cette femme. Elle en tomba éperdument amoureuse. Et obtenant tout ce qu’elle voulait par n’importe quel moyen, cet homme tomba sous son emprise. Ils vécurent ensemble quelques années dans une parfaite harmonie jusqu’à ce qu’il la trahisse. Un soir alors qu’il se baladait dans une allée de cerisiers, il la tua... Et on n’entendit plus jamais parler d’elle. Quand ses « 15 Généraux » apprirent la nouvelle, ils partirent en quête de vengeance. Ils sillonnèrent tout le pays à la recherche de cet assassin, en vain. Il avait disparut. Ils récupérèrent le corps de la défunte et entreprit de l’amener à un shaman mystérieux aux dons que l’on disait « divin ». Celui-ci réussit à transférer l’âme de Celes dans le corps d’une autre jeune femme. Ressuscitée mais très faible, elle s’installa à l’autre bout du monde pour récupérer ses forces d’antan et reprendre le pouvoir qui lui était dû et se venger de son amour perdu.

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Les Corbeaux Blancs (5)  (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 00:12

5.

15 ans se sont écoulés depuis les derniers événements. Les habitants du village de Uri s’étaient habitués à l’absence du petit garçon mais il persistait toujours dans leur cœur. Ils avaient même érigé en son honneur une plaque où était gravé son nom, Ben, sa date de naissance, sa date d’enlèvement et un mot de la part du village. Depuis 15 ans qu’il avait été enlevé, tout le monde se réunissait devant cette plaque, et y déposait un bouquet de fleur. Puis ils priaient pour que Dieu le ramène parmi eux. Trois hommes discutaient dans un coin.

_ Pauvre petit... Qu’est-il devenu ?
_ Cela fait déjà 15 ans que nous ne l’avons pas revu.
_ Oui, ce doit être dur pour sa mère.
_ Oui, tous les soirs je la vois qui se dirige jusqu’ici. Je suppose qu’elle vient prier et entretenir la plaque.
_ C’est peut-être dur pour elle, mais le petit est peut-être mort ou maltraité ? Nous n’en savons rien...

Les deux autres ne répondirent pas, ne sachant pas quoi dire. Finalement, ils suivirent en silence le groupe qui retournait au village.

 ***

De l’autre côté de la forêt, on pouvait entendre le fracassement de deux lames qui s’entrechoquaient. Un combat s’y déroulait. Ben, qui avait maintenant 16 ans, était entraîné depuis ses 3 ans à se battre avec une arme. Son adversaire était redoutable, c’était le plus fidèle guerrier de la cruelle Celes, l’un des « 15 Généraux ». Son nom de code était Raven. Evidemment, il ne l’attaquait pas avec toute sa force, mais juste suffisamment pour que le petit se défende. Au fur et à mesure des années, Ben avait énormément progressé et semblait avoir des dons tout particulier pour le combat. Il avait également bien grandi, et avec son entraînement, possédait un corps hors du commun pour son âge.

_ Alors petit, arriveras-tu à esquiver ce coup ?
_ Sans souci, viens je t’attends.

Raven se précipita sur le garçon avec une rapidité surnaturelle, mais le jeune garçon semblait habituer car il ne fut nullement déstabilisé. Il évita l’attaque avec souplesse et facilité.

_ Tu es exceptionnel, tu le sais ?
_ Oui, maman me l’a dit.
_ Tu es très doué en réalité. Tu es le premier qui arrive jusqu’à ce stade de l’entraînement sans aucune difficulté apparente. Et tu es le seul à avoir réussi à éviter ce coup. Je te félicite. Repose-toi si tu es fatigué.
_ Fatigué ? Tu rêves. Je suis encore en pleine forme.
_ Ah ah ! Tu es encore plus incroyable que je ne l’imaginais. Le Maître a sans doute raison. Tu as d’incroyables capacités.

Un sourire sadique apparut sur le visage e l’adolescent.

_ Au lieu de bavasser, attaque-moi. Je dois encore m’entraîner pour te rattraper. Je compte bien devenir plus fort que toi !
_ Tu as encore du chemin petit. Sache que je n’utilise que 30% de mes capacités pour t’entraîner. Mais je pense qu’un jour tu me surpasseras. Ce jour-là d’ailleurs, le Maître sera très heureux. Notre objectif sera atteint. Mais je ne te faciliterais pas cette tâche !

Il se rua subitement sur Ben qui esquiva sans mal son attaque.

 _ Bah alors ? C’est tout ? Tu devrais augmenter tes capacités. Sinon je serais capable de te tuer...
_ N’y compte pas !

Ils se précipitèrent l’un sur l’autre, leurs lames s’entrechoquèrent avec force et il était difficile de dire lequel des deux avait l’avantage. Soudain, ils s’arrêtèrent.

_ Bravo petit !

Raven était blessé. On pouvait constater une déchirure dans son pantalon ainsi que du sang qui coulait sur sa cuisse...

_ Tu as réussi à me blesser !

_ Ce n’était pas dur. Tu étais tellement lent.
_ Je pense que nous allons en arrêter là pour aujourd’hui. Tu as très bien travaillé et énormément progressé une fois de plus. Il est possible que nous atteignions notre but plus tôt que prévu. Si tu veux savoir... J’étais à 75% de mes capacités. Je ne m’attendais pas à ce que tu puisses me blesser alors je n’avais pas augmenté encore mes capacités... J’aurais dû. Continue de t’entraîner durement pendant que ma blessure guérit, car la prochaine fois je ne te laisserai aucune chance. Je me battrai avec toutes mes forces.
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Les Corbeaux Blancs (6)  (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 17:12

6.

Non loin de là, caché dans une haie quelqu’un les observait. Il portait une longue tunique noire, accompagnée d’une simple corde rouge nouée autour de sa taille. Ses longs cheveux blancs lui donnaient un air sage et froid à la fois. On pourrait croire que cet homme était âgé mais ce n’était pas le cas. En réalité, c’était même un assez bel homme. Personne, ni lui-même ne connaissait son nom ni son âge. Mais on lui donnerait une bonne vingtaine passée. Les gens l’ayant déjà croisé et qui ne sont pas morts le surnomment l’Etranger. Mais il préfère qu’on l’appelle ‘Désastre’, estimant qu’il le semait sur son passage. Il est vrai que ce n’est pas faux, et qu’une traînée de sang le suivait sur son sillon. Chaque personne ayant voulu le voler, le brigander a goûté de sa lame à double tranchant qu’il surnomme ‘Celes ‘. Bien que connaissant la signification de ce prénom et la personne y étant lié, cela ne l’effrayait pas. Bien au contraire ! Elle lui donnait du courage et l’envie de combattre plus que tout au monde. Malgré l’admiration qu’il portait à cette femme, il n’osait point l’aborder. C'est-à-dire que cette femme, bien qu’il ne l’ait jamais connu auparavant, en le voyant, voudrait très certainement le tuer. Car Désastre n’était autre que la descendance du seul et unique amour de Celes. Celui-ci ressemblait étrangement à son aïeul ce qui pourrait lui coûter la vie s’il avait le malheur de la croiser. Mais cela l’excitait beaucoup. Contrairement à son ancêtre, il vouait un culte à cette femme et désirait plus que tout au monde faire parti de ses rangs et utiliser ses dons afin de la servir. Cependant, conscient que sa ressemblance lui serait fatal, il ne pris jamais ce risque de se montrer à la clairière où elle habitait. Espérant qu’un jour, Celes lui pardonnerait. Seulement ce qu’il ne savait pas, c’est que Celes suite à son retour d’entre les morts, ne possédait plus aucun souvenir de sa vie d’antan.

Rêvant d’une vie au côté de la belle Celes, celui-ci ne remarqua pas qu’il ait été repéré par Raven et le jeune Ben. Les 2 hommes le tenaient en joue avec leur sabre.

_ Halte ! Ne bougez plus. Qui êtes-vous et que faisiez-vous à nous observer ? L’interrogea Raven.

_ Je me surnomme Désastre ou peut-être me connaissez-vous sous le nom de l’Etranger. C’est ainsi que les villageois du coin me surnomment. Effectivement je vous observais, mais je ne vous veux aucun mal.

Raven l’observa pendant tout ce temps, il lui rappelait vaguement quelqu’un mais il n’arrivait pas à se souvenir de qui.

_ Désastre tu dis ? Et en quel honneur ? dit Ben. Il n’y a personne en ce monde qui ne puisse semer plus que moi le désastre.

_ Tu es bien prétentieux jeune homme.

_ Fais attention à ce que tu dis, si tu ne veux pas y laisser ta vie, rétorqua Ben.

_ Je m’appelle Raven. Si tu ne nous veux aucun mal, pourquoi donc te cachais-tu et nous observais-tu ?

_ Je souhaite prêter allégeance à la plus noble des reines.

_ Connaîtrais-tu le Maître ?

_ Oui, et je veux me ranger à vos côtés et la servir.

La porte s’ouvrit laissant place à la ravissante Celes.

_ Que se passe-t-il ?

_ Nous avons appréhendé quelqu’un. Il dit vouloir te servir…

_ C’est intéressant, faîtes-le sortir de sa cachette.

Ben l’attrapa par le bras et le souleva avec brusquerie afin de l’amener plus près d’elle. Celle-ci l’observa quelque minute puis dit enfin :

_ Il est bien trop maigre … Tuez-le !

_ Non ma reine ! Je vous en supplie !

Elle le dévisagea avec tout le mépris qu’il lui était donné. Soudain, elle se retint au chambranle de la porte. Un mal de tête la surpris, ce visage lui disait quelque chose. Raven la soutint et l’emmena s’asseoir dans la maison, suivit de Ben et Désastre qui le tenait toujours fermement par le bras.

Dans un souffle, Celes parvint à dire :

_ Qui es-tu ? J’ai l’impression de te connaître…

_ Comment ça ? Vous ne me reconnaissez pas ? Je veux dire … Mon visage … Jadis quand vous étiez Impératrice, un homme vous a trahis …
Le visage de Celes se crispa, et l’on pouvait lire dessus la colère qui montait.
_ Oh que oui ! Je me souviens maintenant … Tuez-le ! Cet homme n’est autre que mon assassin.
_ Non ma reine ! Je sais que la ressemblance est flagrante mais je ne suis que son descendant. Cet homme est mort depuis longtemps … De plus, comme j’ai honte de faire partie de sa famille. Je me suis enfui de chez moi espérant vous retrouver. Je vous admire ! Votre grandeur, votre puissance est telle ... Je ne désire rien d’autre au monde que vous servir et combattre pour vous. Je souhaiterai même reconstituer les Corbeaux Noirs comme dans le temps…

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Les Corbeaux Blancs (7)  (Les Corbeaux Blancs) posté le mercredi 29 août 2007 00:09

7.

Le silence était tel que l’on pouvait entendre le bruissement des feuilles soulevées par la brise. Désastre la fixait droit dans les yeux sans ciller, avec cet air de défi empli de violence. Elle le dévisagea sévèrement avant de le gifler. Se maintenant la joue à cause de la douleur, il continua de la fixer. Quant soudain, le visage de Celes se radoucit…

_ Que … Qu… ? Non … Hors de ma vue ! Tuez-le !

Celes détournait le regard ne supportant plus celui de cet homme. Il lui ressemblait tellement … De vieux souvenirs remontaient à la surface la submergeant complètement, elle finit par s’effondrer au sol, des larmes coulant sur sa peau de porcelaine. Raven et Ben restèrent muet, il est vrai que c’était la première fois qu’ils voyaient Celes perdre le contrôle de ses émotions. A côté, on pouvait lire sur les lèvres de Désastre, un sourire, il avait entre temps pu se détacher des mains du jeune Ben qui le tenait fermement avant de voir Celes perdre ses moyens.
Il se pencha pour se rapprocher de Celes, c’est alors qu’il lui chuchota à l’oreille :

  _ Ma belle Celes, souviens-toi de ces moments avant sa trahison. Je ne suis pas comme lui, je ne te trahirai pas !
_ Tais-toi…
_ J’ai attendu ce moment depuis si longtemps…
_ Tais-toi donc ! Je ne veux plus t’entendre…
Celes suffoquait, la chaleur lui montait à la tête au souvenir de tendres moments passés avec …
_ Ma douce reine…
_ Mais vas-tu te taire ! Faîtes le taire par pitié…

Ben et Raven ne réagissaient pas sous le choc de la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Les larmes de Celes ne cessaient de perler sur son visage. Désastre approcha tendrement sa main afin de lui caresser la joue tout en séchant avec son pouce, une larme glissant lentement. Il baissa sa main afin d’atteindre son menton, puis le lui souleva afin de plonger son regard dans le sien. Et d’un geste lent, il approcha son visage et déposa un tendre baiser  sur ses lèvres mouillées. Celes ne bougea pas, perdue dans le regard de Désastre se remémorant de lointains souvenirs.  Elle ferma les yeux afin de mieux apprécier ce doux baiser qu’elle avait longtemps oublié. Elle remarqua qu’il avait ce même goût sucré, cette même tendresse … Celes était partagée, partagée entre l’envie de succomber à son charme et la méfiance qui était due à la traîtrise de son aïeul … Elle le dévisagea à nouveau et vu un faible sourire sur ses lèvres et lu dans ses yeux de la sincérité. Voyant qu’elle semblait aller mieux il se permit de dire :

_ Ca va mieux ?

_ Ou… Oui, dit-elle.


Il l’aida à se relever faisant bien attention à ne pas lui faire mal. Même si elle était d’une grande cruauté et savait tuer un homme avec une facilité déconcertante elle n’en restait pas moins une femme avec sa fragilité. Il l’a prit tendrement dans ses bras et ne dirent rien savourant ce délicieux instant, comme des retrouvailles. Quelques minutes passèrent puis elle se détacha.

_ Vous deux ! Vous allez restez là planter pendant longtemps ? Bougez-vous un peu !!

Ben et Raven n’avaient pas bouger depuis le début et regardaient interloqués sans mot dire ce qu’il se passait. Reprenant leurs esprits ils retournèrent l’air hagard s’entraîner. Mais après ce qu’ils venaient de voir, cela ne servit pas à grand-chose… Pendant ce temps, à côté le nouveau couple était rentré dans la maison. Alors que la porte venait tout juste de se refermer derrière eux, Ben et Raven s’interrompirent.

_ Tu en crois tes yeux ? Dit Ben.
_ Je t’avoue que là je ne comprends plus rien…
_ Je n’ai pas confiance en lui, il faudrait le surveiller de près.
_ Tu as raison … Je me demande ce qu’il lui veut.

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Les Corbeaux Blancs (8)  (Les Corbeaux Blancs) posté le mardi 04 septembre 2007 01:45

8.
 
Les jours passèrent sans ombre. Raven continuait l’entraînement intensif de Ben qui ne cessait de progresser de jour en jour. Raven se battait désormais avec toute sa force, et Ben contrôlait sans problème les gestes de son adversaire. Avec surprise, Raven constata qu’il était même en mesure d’anticiper chacune de ses attaques sans difficulté.

 
_ Je pense que tu es prêt, dit Raven.
_ Humpf, pas trop tôt ! Je commençais à me lasser …
_ Ne sois pas si arrogant … Argh…
_ Tais-toi donc, faible, rétorqua Ben.

Ben venait de lui planter en plein cœur son sabre jusqu’alors vierge de sang. Celui-ci s’effondra au sol et dans un dernier souffle Raven pu décrocher un faible : « Pourquoi ? »

_ Après tant d’année passée sur cette Terre, tu n’es plus d’aucune utilité. De plus, tu n’es plus humain, tu étais potentiellement dangereux. Et pour finir …

Ben le toisa de toute sa hauteur, un rictus aux lèvres. La porte s’ouvrit soudainement et Désastre en sortit suivi de peu par Celes. Ben détourna la tête afin de mieux les regarder. Celes et Désastre restèrent stupéfait devant le corps de Raven. Ben regarda de nouveau son ancien maître et dans un murmure glacial déclara : «Et pour finir, j’aime pas les faibles. ».

Ils enterrèrent le mort dans la forêt à quelque pas de la maisonnette. Bien que la perte de son plus fidèle serviteur répercuterait sur sa force d’attaque, Celes ne n’en fut pas affectée pour autant, c'est ce qu'elle montrait en tout cas. Elle n’avait de cœur que pour un seul être, Désastre. Celui-ci contemplait la sépulture sans mot dire. Son regard alla du monticule de terre fraîchement retournée à Celes. Bien qu’elle ne le montrait pas, elle semblait troublée.

 _ Ca ne va pas ? Dit-il.
_ Hum… Si si, je me disais seulement que sans Raven tout sera différent.
_ Je suis là, ne t’inquiète pas je saurais te défendre.
_ Oh ce n’est pas ça qui m’inquiète.
_ Quoi donc alors ?
_ Il y a 200 ans quand j’ai pris le pouvoir, des armées de guerriers se sont ralliés à moi… Mais je dirais plutôt qu’ils se sont ralliés à Raven. Il faut savoir que Raven n’a jamais été réellement lui-même. Tout comme Ben ici même, je l’ai recueilli dès son plus jeune âge et l’ai forgé comme l’on forgerait une arme. Il était orphelin le jour où je l’ai pris sous mon aile…

Ben écoutait silencieusement ce récit qui l’intriguait. « Tout comme Ben ici même, je l’ai recueilli dès son plus jeune âge … » Ces mots résonnaient désormais dans son esprit. Ainsi donc, Celes n’était pas sa mère ?

 _ Enfin de compte, je crois bien que je m’étais attaché à Raven… Il a toujours été dévoué corps et âme sans la crainte de mourir alors que de nombreuses fois il était en danger. C’est aussi grâce à lui que je suis là à nouveau. Car comme tu le sais, ton ancêtre… Mon premier amour m’ayant trahi, j’ai disparu dans les ténèbres, mon âme errant dans le noir pendant près de 150 ans. A l’époque, je ne ressemblais pas à ça non plus. Je n’ai plus trop de souvenirs de cette époque malheureusement. Peut-être n’est ce pas plus mal d’ailleurs.

Désastre écoutait impassible, et Ben se répétait sans cesse ces mots qui le hantait : « forger comme une arme ».

« Recueilli dès son plus jeune âge », « forger comme une arme », « recueilli dès son plus âge », « forger comme une arme » … Ces mots ne cessaient de tournoyer dans son esprit. « Recueilli dès son plus jeune âge », « forger comme une arme », « recueilli dès son plus âge », « forger comme une arme » … Il n’entendait plus le récit que racontait Celes, ses yeux se voilèrent, son esprit se brouilla, et tout devint noir…

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