3.
Ils étaient au moins une dizaine, peut-être même plus. Ils étaient là, rodant dans la ville, menaçant les villageois de leurs longues dents pointues, prêt à se jeter sur eux. Toutes les lumières des maisons s’étaient allumées. Une jeune femme et un petit enfant gisaient sur le sol, inconscients, à côté d’un pot en terre remplie d’eau qui s’était fracassé contre le sol lors de la chute, répandant tout son liquide. Un des chiens s’approcha lentement de la jeune femme, tout en se léchant les babines. On aurait dit qu’il était le chef de la meute, les autres chiens eux aboyaient et hurlaient sans cesse, se jetant parfois violemment sur les portes les griffant profondément. Une angoisse se propageait dans l’air. Personne ne savait quoi faire, et tout le monde assistait à ce spectacle sans rien faire. La bête se rapprocha davantage encore. C’est alors qu’elle s’empara de l’enfant à la manière d’un tigre qui prend dans sa gueule sa progéniture. Puis ils s’enfuirent tous. Tout le monde était choqué et n’avait rien pu faire. Personne ne s’attendait à ce que l’un d’eux prenne un enfant. Ils étaient tous désemparés. Ce n’est qu’après quelques minutes que certains hommes se décidèrent enfin à aller à la rescousse du petit garçon. Tandis que les autres vinrent secourir la jeune femme toujours inconsciente. Une folle poursuite s’en suivit. Les hommes suivaient les chiens mais ils allaient trop vite et les semairent petit à petit.
***
Plus loin dans la foret, le petit Ben, paniqué et ballotté dans tous les sens avait perdu connaissance. Les chiens l’emmenèrent toujours plus profondément dans la forêt, dans les recoins les plus reculés du bois. Soudain, ils arrivèrent dans une clairière. Une petite maisonnette se dressait en plein milieu accompagné d’un enclos vide et ouvert. Des paillasses étaient éparpillées au sein de l’enclos. Les chiens déposèrent l’enfant devant la porte. Le petit garçon n’était âgé que d’un an. Il ne savait qu’à peine marcher, et ne parlait presque pas. Il était encore blond, et n’avait pas beaucoup de cheveux sur le crâne. Il était tellement mignon dans sa petite salopette bleue que personne au monde n’aurait voulu lui faire de mal. De l’autre côté, les chiens s’étaient installés dans l’enclos sur les paillasses. Apparemment, il s’agissait de leur couche, et devaient habiter ici. Soudain, alerté par le bruit, la porte s’ouvrit. Une jeune femme d’une beauté exceptionnelle apparut sur le seuil. Elle était grande et fine. D’une beauté sans égale, sa peau rayonnait et ses yeux d’un bleu aussi profond que l’océan brillaient de mille feux. Ses longs cheveux noirs tombaient sur ses épaules dénudées et continuaient jusqu’à souligner sa taille parfaite. D’une proportion inimaginable de la tête au pied, cet être ressemblait à une déesse. Son visage était d’une perfection, que même la plus belle femme sur terre lui jalouserait. Elle avait une bouche tout à fait délicieuse et un nez, un petit nez qui ferait fondre plus d’un homme. Et sa beauté resplendissait de plus belle au soleil.
_ Tiens tiens, mes braves, vous êtes rentrés. Je vois que vous m’avez apporté un présent. Un petit enfant. Quelle joie ! Moi qui désirais tant en avoir un... Vous êtes bien de fidèles compagnons. Vous aviez bien compris mon désir d’être mère. Si seulement les hommes pouvaient me comprendre...
La jeune femme pris l’enfant dans ses bras et le berça quelques minutes. Celui-ci était toujours inconscient. La jeune femme rentra dans la maison et installa le bambin dans une couche déjà prête. Quelques heures plus tard, l’enfant se réveilla enfin. La jeune femme enthousiaste s’approcha de lui et le pris dans ses bras. Le petit garçon ne reconnu pas qu’elle n’était pas sa mère et s’agrippa à elle comme il l’aurait fait avec sa propre mère.
***
Ils arrivèrent enfin en lisière de la forêt, là, un homme se postait devant eux. Il tenait dans sa main, une arme à double tranchant que personne n’avait encore jamais vu. Malgré sa petite taille, il était menaçant et quiconque aurait osé s’approcher de lui par provocation, se serait sans doute fait tuer sans aucune pitié.
_ N’espérez pas revoir l’enfant que vous
avez perdu. Dit l’étranger
_ Votre cause est déjà perdue. Il est déjà trop tard.
_ Pourquoi ? Que sais-tu ?
_ Il est déjà entre les mains de la pire créature qui soit...
_ ... Est-il mort ? Si tu le sais, dis-le-nous...
_ Non, il n’est pas mort. Et ne mourra sûrement jamais... Peut-être le reverrez vous un jour. Mais attendez-vous à ce qu’il soit votre ennemi. N’essayez pas de le retrouver, vous risqueriez d’y laisser votre vie. C’est un conseil que je vous donne...