Accueil Date de création : 08/08/07 Dernière mise à jour : 26/02/08 20:32 / 16 articles publiés
 

Les Corbeaux Blancs (2)  (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 00:08

2.

Tout le monde s’était rassemblé dans la salle du conseil, où d’ordinaire ils ne venaient ici que pour se réunir et discuter des grandes décisions. Etant tous inquiets, un silence de mort régnait dans la salle. La tension était telle qu’elle en devenait presque palpable. Soudain, Charles se leva et rompit le silence :

- J’en peux plus d’attendre, je vais voir...
- Non, n’y va pas dit Edward. Il faut les laisser tranquille. Imagine que ce sont peut-être leurs derniers instants tous les deux... Moi aussi, et tout le monde aussi veut savoir. Mais nous ne pouvons pas les interrompre. Il faut attendre... Je sais que c’est difficile, mais il le faut.

 Charles se rassis, en faisant la grimace. Bien que son vieil ami ait raison, il lui était difficile de l’admettre. Edward et lui avaient toujours vécu dans cette petite ville de Uri. Ils avaient d’ailleurs grandi ensemble et avaient fréquenté les mêmes bancs d’école. Depuis toujours, ils avaient travaillé ensemble mais il y a de ça quelques années déjà, une violente dispute les avaient séparés. Ils ne se parlèrent plus pendant près de 3 ans. Durant cette période, leurs propres enfants se livrèrent à une guerre éternelle. Et malgré que les deux hommes se soient réconciliés, il restait encore un peu d’amertume dans leur cœur. Chacun ne voulant pas admettre ses tords. Depuis leur réconciliation, leurs fils, eux continuaient de se haïr ne se préoccupant plus des histoires d’adultes et ayant finis par se détester radicalement. Pourtant, quand leurs parents étaient encore les meilleurs amis du monde, les deux jeunes garçons qui n’étaient encore que de petits gamins, s’amusaient ensemble. La dispute d’Edward et Charles fut la dernière du village, excepté celle de leurs propres enfants. C’est depuis cette longue querelle, que le village décida d’instaurer un conseil qui permettrait de régler les conflits. Mais celui-ci avait échoué pour les deux adolescents.

 - Tout ça c’est de la faute de ce vieux boiteux d’Edward ! Dit John, le fils de Charles.
- Ne parle pas comme ça de mon père ou je te casse la figure. Répliqua le fils d’Edward.
- Bah viens monsieur le poltron, allez viens ; je t’attends Willy. Viens te battre si tu es un homme.

 Willy se leva brusquement et se jeta sur son ennemi juré. Surpris par cette scène, les femmes furent choquées d’une telle violence au sein de la salle du conseil. Ce n’est qu’après quelques minutes que les deux garçons furent séparés tant bien que mal par leur père. Tandis que John semblait intact, un mince filet de sang coulait du nez de Willy qui avait reçu un coup en plein dedans. C’est à ce moment-là que la femme de Rob entra dans la pièce. Tous se retournèrent vers elle, la regardant avec inquiétude. Il va s’en sortir, dit-elle. Tout le monde fut soulagé d’apprendre la nouvelle. Helen expliqua alors que malgré ses blessures, le médecin avait réussi à le sortir d’une mort presque certaine. Cependant, il était encore très faible et avait besoin de beaucoup de repos. Ceci préjudicierait sur son travail, mais dans un élan de solidarité tous proposèrent de les aider. Chacun considérant que les événements qui étaient arrivés aurait pu tomber sur n’importe qui. Finalement, ils voulurent rendre visite à leur ami blessé mais Helen les en empêcha leur disant qu’il était encore trop faible.

 ***

Ils sortirent de la salle et allèrent retrouver le cadavre de la bête. Elle ressemblait en tout point de vue à un énorme chien sauvage. Son pelage était aussi noir que le charbon et sa gueule refoulait une odeur de chair mêlée à du sang... Celui de Rob bien entendu et des moutons. Ils traînèrent la bête jusqu’à la place, d’un accord commun, ils avaient décidé de la brûler. Ils entreprirent de former une sorte de bûcher. Ceci finit, ils placèrent la bête à son sommet, et mirent le feu au bûcher. La bête se consuma lentement laissant échapper des traînées de fumée noire et une odeur nauséabonde. Quand le feu s’éteignit, quelques heures plus tard, il ne restait qu’un tas de cendre chaude fumant encore. Ils nettoyèrent le tout et vaquèrent à leurs occupations. Le soir venant, les hommes se retrouvèrent comme à l’accoutumé au bar. Ils discutèrent un temps des sujets habituels jusqu’à ce que l’un d’eux ouvrit le sujet des évènements récents. La discussion tourna autour de la bête puis de Rob. Chacun espérant qu’il reviendrait au bar bientôt avec eux, frais comme un bébé. Le médecin avait avoué que la cicatrisation de la plaie pourrait prendre du temps, bien plus qu’on ne l’imaginait. C’est à dire que le monstre ne l’avait pas raté. Ces crocs s’étaient bien enfoncés profondément. Sans doute, Rob gardera-t-il la marque de cette lutte jusqu’à la fin de ces jours... Tandis qu’ils buvaient tous à sa santé, un cri déchirant les fit sursautés. Ils sortirent tous en trombe du bar et virent avec stupeur, toute une meute... Les chiens sauvages venaient venger leur frère...
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