Accueil Date de création : 08/08/07 / Dernière mise à jour : 26/02/08 20:34 / 16 articles publiés

Les Corbeaux Blancs (2) (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 00:08

2.

Tout le monde s’était rassemblé dans la salle du conseil, où d’ordinaire ils ne venaient ici que pour se réunir et discuter des grandes décisions. Etant tous inquiets, un silence de mort régnait dans la salle. La tension était telle qu’elle en devenait presque palpable. Soudain, Charles se leva et rompit le silence :

- J’en peux plus d’attendre, je vais voir...
- Non, n’y va pas dit Edward. Il faut les laisser tranquille. Imagine que ce sont peut-être leurs derniers instants tous les deux... Moi aussi, et tout le monde aussi veut savoir. Mais nous ne pouvons pas les interrompre. Il faut attendre... Je sais que c’est difficile, mais il le faut.

 Charles se rassis, en faisant la grimace. Bien que son vieil ami ait raison, il lui était difficile de l’admettre. Edward et lui avaient toujours vécu dans cette petite ville de Uri. Ils avaient d’ailleurs grandi ensemble et avaient fréquenté les mêmes bancs d’école. Depuis toujours, ils avaient travaillé ensemble mais il y a de ça quelques années déjà, une violente dispute les avaient séparés. Ils ne se parlèrent plus pendant près de 3 ans. Durant cette période, leurs propres enfants se livrèrent à une guerre éternelle. Et malgré que les deux hommes se soient réconciliés, il restait encore un peu d’amertume dans leur cœur. Chacun ne voulant pas admettre ses tords. Depuis leur réconciliation, leurs fils, eux continuaient de se haïr ne se préoccupant plus des histoires d’adultes et ayant finis par se détester radicalement. Pourtant, quand leurs parents étaient encore les meilleurs amis du monde, les deux jeunes garçons qui n’étaient encore que de petits gamins, s’amusaient ensemble. La dispute d’Edward et Charles fut la dernière du village, excepté celle de leurs propres enfants. C’est depuis cette longue querelle, que le village décida d’instaurer un conseil qui permettrait de régler les conflits. Mais celui-ci avait échoué pour les deux adolescents.

 - Tout ça c’est de la faute de ce vieux boiteux d’Edward ! Dit John, le fils de Charles.
- Ne parle pas comme ça de mon père ou je te casse la figure. Répliqua le fils d’Edward.
- Bah viens monsieur le poltron, allez viens ; je t’attends Willy. Viens te battre si tu es un homme.

 Willy se leva brusquement et se jeta sur son ennemi juré. Surpris par cette scène, les femmes furent choquées d’une telle violence au sein de la salle du conseil. Ce n’est qu’après quelques minutes que les deux garçons furent séparés tant bien que mal par leur père. Tandis que John semblait intact, un mince filet de sang coulait du nez de Willy qui avait reçu un coup en plein dedans. C’est à ce moment-là que la femme de Rob entra dans la pièce. Tous se retournèrent vers elle, la regardant avec inquiétude. Il va s’en sortir, dit-elle. Tout le monde fut soulagé d’apprendre la nouvelle. Helen expliqua alors que malgré ses blessures, le médecin avait réussi à le sortir d’une mort presque certaine. Cependant, il était encore très faible et avait besoin de beaucoup de repos. Ceci préjudicierait sur son travail, mais dans un élan de solidarité tous proposèrent de les aider. Chacun considérant que les événements qui étaient arrivés aurait pu tomber sur n’importe qui. Finalement, ils voulurent rendre visite à leur ami blessé mais Helen les en empêcha leur disant qu’il était encore trop faible.

 ***

Ils sortirent de la salle et allèrent retrouver le cadavre de la bête. Elle ressemblait en tout point de vue à un énorme chien sauvage. Son pelage était aussi noir que le charbon et sa gueule refoulait une odeur de chair mêlée à du sang... Celui de Rob bien entendu et des moutons. Ils traînèrent la bête jusqu’à la place, d’un accord commun, ils avaient décidé de la brûler. Ils entreprirent de former une sorte de bûcher. Ceci finit, ils placèrent la bête à son sommet, et mirent le feu au bûcher. La bête se consuma lentement laissant échapper des traînées de fumée noire et une odeur nauséabonde. Quand le feu s’éteignit, quelques heures plus tard, il ne restait qu’un tas de cendre chaude fumant encore. Ils nettoyèrent le tout et vaquèrent à leurs occupations. Le soir venant, les hommes se retrouvèrent comme à l’accoutumé au bar. Ils discutèrent un temps des sujets habituels jusqu’à ce que l’un d’eux ouvrit le sujet des évènements récents. La discussion tourna autour de la bête puis de Rob. Chacun espérant qu’il reviendrait au bar bientôt avec eux, frais comme un bébé. Le médecin avait avoué que la cicatrisation de la plaie pourrait prendre du temps, bien plus qu’on ne l’imaginait. C’est à dire que le monstre ne l’avait pas raté. Ces crocs s’étaient bien enfoncés profondément. Sans doute, Rob gardera-t-il la marque de cette lutte jusqu’à la fin de ces jours... Tandis qu’ils buvaient tous à sa santé, un cri déchirant les fit sursautés. Ils sortirent tous en trombe du bar et virent avec stupeur, toute une meute... Les chiens sauvages venaient venger leur frère...
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Les Corbeaux Blancs (3) (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 00:09

3.

Ils étaient au moins une dizaine, peut-être même plus. Ils étaient là, rodant dans la ville, menaçant les villageois de leurs longues dents pointues, prêt à se jeter sur eux. Toutes les lumières des maisons s’étaient allumées. Une jeune femme et un petit enfant gisaient sur le sol, inconscients, à côté d’un pot en terre remplie d’eau qui s’était fracassé contre le sol lors de la chute, répandant tout son liquide. Un des chiens s’approcha lentement de la jeune femme, tout en se léchant les babines. On aurait dit qu’il était le chef de la meute, les autres chiens eux aboyaient et hurlaient sans cesse, se jetant parfois violemment sur les portes les griffant profondément. Une angoisse se propageait dans l’air. Personne ne savait quoi faire, et tout le monde assistait à ce spectacle sans rien faire. La bête se rapprocha davantage encore. C’est alors qu’elle s’empara de l’enfant à la manière d’un tigre qui prend dans sa gueule sa progéniture. Puis ils s’enfuirent tous. Tout le monde était choqué et n’avait rien pu faire. Personne ne s’attendait à ce que l’un d’eux prenne un enfant. Ils étaient tous désemparés. Ce n’est qu’après quelques minutes que certains hommes se décidèrent enfin à aller à la rescousse du petit garçon. Tandis que les autres vinrent secourir la jeune femme toujours inconsciente. Une folle poursuite s’en suivit. Les hommes suivaient les chiens mais ils allaient trop vite et les semairent petit à petit.

***

Plus loin dans la foret, le petit Ben, paniqué et ballotté dans tous les sens avait perdu connaissance. Les chiens l’emmenèrent toujours plus profondément dans la forêt, dans les recoins les plus reculés du bois. Soudain, ils arrivèrent dans une clairière. Une petite maisonnette se dressait en plein milieu accompagné d’un enclos vide et ouvert. Des paillasses étaient éparpillées au sein de l’enclos. Les chiens déposèrent l’enfant devant la porte. Le petit garçon n’était âgé que d’un an. Il ne savait qu’à peine marcher, et ne parlait presque pas. Il était encore blond, et n’avait pas beaucoup de cheveux sur le crâne. Il était tellement mignon dans sa petite salopette bleue que personne au monde n’aurait voulu lui faire de mal. De l’autre côté, les chiens s’étaient installés dans l’enclos sur les paillasses. Apparemment, il s’agissait de leur couche, et devaient habiter ici. Soudain, alerté par le bruit, la porte s’ouvrit. Une jeune femme d’une beauté exceptionnelle apparut sur le seuil. Elle était grande et fine. D’une beauté sans égale, sa peau rayonnait et ses yeux d’un bleu aussi profond que l’océan brillaient de mille feux. Ses longs cheveux noirs tombaient sur ses épaules dénudées et continuaient jusqu’à souligner sa taille parfaite. D’une proportion inimaginable de la tête au pied, cet être ressemblait à une déesse. Son visage était d’une perfection, que même la plus belle femme sur terre lui jalouserait. Elle avait une bouche tout à fait délicieuse et un nez, un petit nez qui ferait fondre plus d’un homme. Et sa beauté resplendissait de plus belle au soleil.

 _ Tiens tiens, mes braves, vous êtes rentrés. Je vois que vous m’avez apporté un présent. Un petit enfant. Quelle joie ! Moi qui désirais tant en avoir un... Vous êtes bien de fidèles compagnons. Vous aviez bien compris mon désir d’être mère. Si seulement les hommes pouvaient me comprendre...

La jeune femme pris l’enfant dans ses bras et le berça quelques minutes. Celui-ci était toujours inconscient. La jeune femme rentra dans la maison et installa le bambin dans une couche déjà prête. Quelques heures plus tard, l’enfant se réveilla enfin. La jeune femme enthousiaste s’approcha de lui et le pris dans ses bras. Le petit garçon ne reconnu pas qu’elle n’était pas sa mère et s’agrippa à elle comme il l’aurait fait avec sa propre mère.

***

Au même moment en plein cœur de la forêt, l’équipe de secours décidait de rentrer. Il faisait nuit noire et on n’y voyait plus rien. Ils retournèrent donc au village, bredouille et complètement anéanti. Que diraient les autres villageois en les voyant rentrer seuls ?
Ils arrivèrent enfin en lisière de la forêt, là, un homme se postait devant eux. Il tenait dans sa main, une arme à double tranchant que personne n’avait encore jamais vu. Malgré sa petite taille, il était menaçant et quiconque aurait osé s’approcher de lui par provocation, se serait sans doute fait tuer sans aucune pitié.


_  N’espérez pas revoir l’enfant que vous avez perdu. Dit l’étranger

_ Comment ça ? Tu sais où il se trouve, dis-le-nous !!
_ Votre cause est déjà perdue. Il est déjà trop tard.
_ Pourquoi ? Que sais-tu ?
_ Il est déjà entre les mains de la pire créature qui soit...
_ ... Est-il mort ? Si tu le sais, dis-le-nous...
_ Non, il n’est pas mort. Et ne mourra sûrement jamais... Peut-être le reverrez vous un jour. Mais attendez-vous à ce qu’il soit votre ennemi. N’essayez pas de le retrouver, vous risqueriez d’y laisser votre vie. C’est un conseil que je vous donne...
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Les Corbeaux Blancs (4) (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 00:11

4.

_ Que dis-tu ? Et puis qui es-tu d’abord ?
_ Qui je suis ? Cela n’a pas d’importance. Je ne suis personne. J’apporte le désastre autour de moi. Et je tue sans scrupule qui se met en travers de mon chemin... Maintenant, rentrez chez vous et oubliez cet enfant qui n’est déjà plus le vôtre.

Il dégagea une aura tellement menaçante que personne n’osa le contredire. Il tourna le dos aux habitants et disparu dans un éclair lumineux.

 ***

Arrivés au village, complètement dépités, ils racontèrent aux autres ce qu’ils avaient vu. Un homme au corps effilé, habillé d’une simple tunique noire cintrée par une corde rouge. Il avait de longs cheveux blancs relevés en queue de cheval accompagné d’une grande mèche lui recouvrant les ¾ du visage. Cela lui donnait une allure plutôt efféminée. Et son arme à double tranchant dans la main pointait vers le ciel. Tout le monde était intrigué par cet homme car personne ne l’avait encore jamais vu dans la région. Qui pouvait-il être ? Venait-il seulement de débarquer ? Tout le monde s’interrogeait sur l’identité de cet inconnu. Après avoir suffisamment parlé de l’étranger, ils parlèrent de l’enfant, porté disparu...

_ Et l’enfant ? Dit une femme.
_ Oublions-le... Répondit un homme.
_ Et pourquoi oublierai-je mon fils ?
_ Cela vaut mieux pour nous. C’est cet étranger qui nous l’a dit.
_ Si cela peut te rassurer, il n’est pas mort.
_ Comment le sais-tu ? Tu l’as vu et ne l’as pas ramené ?
_ Non c’est encore lui qui nous l’a dit... Il semblait savoir des choses que nous ignorions.
_ Ce n’est pas possible... Mon fils ! Je veux le retrouver.
_ L’étranger nous a dis que pour nos vies, il ne fallait pas le retrouver. Qu’il était entre les mains de la pire des créatures qui soient sur cette terre.
_ Mais... Mon fils...
_ Crois bien que nous regrettons nous aussi...
_ Je me souviens qu’il a dit, que peut-être qu’un jour nous recroiserons son chemin... Mais qu’à ce moment-là, il serait un ennemi. Je n’ai pas trop compris, mais cela ne présage rien de bon...
_ Un ennemi, mon dieu quelle horreur... Mon petit garçon, lui qui est si mignon. Comment pourrait-il devenir un ennemi ? Lui qui est si gentil...
_ Nous ne le savons pas... Peut-être que si nous revoyons cet étranger celui-ci répondra à nos questions ?
_ Espérons...

 ***

Dans la petite clairière, au fin fond de la forêt, un petit garçon apprenant tout juste à parler et marcher était élevé à l’écart du monde extérieur par la plus ignoble des personnes, Celes. Celle-ci, cependant, l’éleva comme son propre fils. Cette créature, car on ne pouvait lui donner aucune humanité, vivait sur Terre depuis déjà des centaines d’année. Jadis, au temps des Samouraïs au Japon, l’empereur Tokugawa fut tué sans aucune pitié ni difficulté juste après sa glorieuse victoire à la bataille de Sekigahara. Cette bataille opposait deux familles. Celles des Toyotomi qui prétendait au titre d’Empereur, à celle des Tokugawa qui le convoitait. Ce n’était sans compter la cruauté et la puissance d’une seule personne qui s’empara du pouvoir, Celes la machiavélique. Ainsi, elle fit régner l’ordre et la justice par la force. Ses fidèles guerriers, que l’on appelait les « 15 Généraux » dirigeaient chacun une armée de 100 000 hommes et restaient fidèles à la belle Celes. Quiconque s’opposait à l’Impératrice se vit tuer sur-le-champ. Celes imposa sa force sur le territoire pendant de nombreuses années. Elle n’avait ni cœur ni sentiment. Elle ne voulait que le pouvoir. Jusqu’à ce qu’un homme arriva à faire chavirer cette femme. Elle en tomba éperdument amoureuse. Et obtenant tout ce qu’elle voulait par n’importe quel moyen, cet homme tomba sous son emprise. Ils vécurent ensemble quelques années dans une parfaite harmonie jusqu’à ce qu’il la trahisse. Un soir alors qu’il se baladait dans une allée de cerisiers, il la tua... Et on n’entendit plus jamais parler d’elle. Quand ses « 15 Généraux » apprirent la nouvelle, ils partirent en quête de vengeance. Ils sillonnèrent tout le pays à la recherche de cet assassin, en vain. Il avait disparut. Ils récupérèrent le corps de la défunte et entreprit de l’amener à un shaman mystérieux aux dons que l’on disait « divin ». Celui-ci réussit à transférer l’âme de Celes dans le corps d’une autre jeune femme. Ressuscitée mais très faible, elle s’installa à l’autre bout du monde pour récupérer ses forces d’antan et reprendre le pouvoir qui lui était dû et se venger de son amour perdu.

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Les Corbeaux Blancs (5) (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 00:12

5.

15 ans se sont écoulés depuis les derniers événements. Les habitants du village de Uri s’étaient habitués à l’absence du petit garçon mais il persistait toujours dans leur cœur. Ils avaient même érigé en son honneur une plaque où était gravé son nom, Ben, sa date de naissance, sa date d’enlèvement et un mot de la part du village. Depuis 15 ans qu’il avait été enlevé, tout le monde se réunissait devant cette plaque, et y déposait un bouquet de fleur. Puis ils priaient pour que Dieu le ramène parmi eux. Trois hommes discutaient dans un coin.

_ Pauvre petit... Qu’est-il devenu ?
_ Cela fait déjà 15 ans que nous ne l’avons pas revu.
_ Oui, ce doit être dur pour sa mère.
_ Oui, tous les soirs je la vois qui se dirige jusqu’ici. Je suppose qu’elle vient prier et entretenir la plaque.
_ C’est peut-être dur pour elle, mais le petit est peut-être mort ou maltraité ? Nous n’en savons rien...

Les deux autres ne répondirent pas, ne sachant pas quoi dire. Finalement, ils suivirent en silence le groupe qui retournait au village.

 ***

De l’autre côté de la forêt, on pouvait entendre le fracassement de deux lames qui s’entrechoquaient. Un combat s’y déroulait. Ben, qui avait maintenant 16 ans, était entraîné depuis ses 3 ans à se battre avec une arme. Son adversaire était redoutable, c’était le plus fidèle guerrier de la cruelle Celes, l’un des « 15 Généraux ». Son nom de code était Raven. Evidemment, il ne l’attaquait pas avec toute sa force, mais juste suffisamment pour que le petit se défende. Au fur et à mesure des années, Ben avait énormément progressé et semblait avoir des dons tout particulier pour le combat. Il avait également bien grandi, et avec son entraînement, possédait un corps hors du commun pour son âge.

_ Alors petit, arriveras-tu à esquiver ce coup ?
_ Sans souci, viens je t’attends.

Raven se précipita sur le garçon avec une rapidité surnaturelle, mais le jeune garçon semblait habituer car il ne fut nullement déstabilisé. Il évita l’attaque avec souplesse et facilité.

_ Tu es exceptionnel, tu le sais ?
_ Oui, maman me l’a dit.
_ Tu es très doué en réalité. Tu es le premier qui arrive jusqu’à ce stade de l’entraînement sans aucune difficulté apparente. Et tu es le seul à avoir réussi à éviter ce coup. Je te félicite. Repose-toi si tu es fatigué.
_ Fatigué ? Tu rêves. Je suis encore en pleine forme.
_ Ah ah ! Tu es encore plus incroyable que je ne l’imaginais. Le Maître a sans doute raison. Tu as d’incroyables capacités.

Un sourire sadique apparut sur le visage e l’adolescent.

_ Au lieu de bavasser, attaque-moi. Je dois encore m’entraîner pour te rattraper. Je compte bien devenir plus fort que toi !
_ Tu as encore du chemin petit. Sache que je n’utilise que 30% de mes capacités pour t’entraîner. Mais je pense qu’un jour tu me surpasseras. Ce jour-là d’ailleurs, le Maître sera très heureux. Notre objectif sera atteint. Mais je ne te faciliterais pas cette tâche !

Il se rua subitement sur Ben qui esquiva sans mal son attaque.

 _ Bah alors ? C’est tout ? Tu devrais augmenter tes capacités. Sinon je serais capable de te tuer...
_ N’y compte pas !

Ils se précipitèrent l’un sur l’autre, leurs lames s’entrechoquèrent avec force et il était difficile de dire lequel des deux avait l’avantage. Soudain, ils s’arrêtèrent.

_ Bravo petit !

Raven était blessé. On pouvait constater une déchirure dans son pantalon ainsi que du sang qui coulait sur sa cuisse...

_ Tu as réussi à me blesser !

_ Ce n’était pas dur. Tu étais tellement lent.
_ Je pense que nous allons en arrêter là pour aujourd’hui. Tu as très bien travaillé et énormément progressé une fois de plus. Il est possible que nous atteignions notre but plus tôt que prévu. Si tu veux savoir... J’étais à 75% de mes capacités. Je ne m’attendais pas à ce que tu puisses me blesser alors je n’avais pas augmenté encore mes capacités... J’aurais dû. Continue de t’entraîner durement pendant que ma blessure guérit, car la prochaine fois je ne te laisserai aucune chance. Je me battrai avec toutes mes forces.
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Les Corbeaux Blancs (6) (Les Corbeaux Blancs) posté le lundi 27 août 2007 17:12

6.

Non loin de là, caché dans une haie quelqu’un les observait. Il portait une longue tunique noire, accompagnée d’une simple corde rouge nouée autour de sa taille. Ses longs cheveux blancs lui donnaient un air sage et froid à la fois. On pourrait croire que cet homme était âgé mais ce n’était pas le cas. En réalité, c’était même un assez bel homme. Personne, ni lui-même ne connaissait son nom ni son âge. Mais on lui donnerait une bonne vingtaine passée. Les gens l’ayant déjà croisé et qui ne sont pas morts le surnomment l’Etranger. Mais il préfère qu’on l’appelle ‘Désastre’, estimant qu’il le semait sur son passage. Il est vrai que ce n’est pas faux, et qu’une traînée de sang le suivait sur son sillon. Chaque personne ayant voulu le voler, le brigander a goûté de sa lame à double tranchant qu’il surnomme ‘Celes ‘. Bien que connaissant la signification de ce prénom et la personne y étant lié, cela ne l’effrayait pas. Bien au contraire ! Elle lui donnait du courage et l’envie de combattre plus que tout au monde. Malgré l’admiration qu’il portait à cette femme, il n’osait point l’aborder. C'est-à-dire que cette femme, bien qu’il ne l’ait jamais connu auparavant, en le voyant, voudrait très certainement le tuer. Car Désastre n’était autre que la descendance du seul et unique amour de Celes. Celui-ci ressemblait étrangement à son aïeul ce qui pourrait lui coûter la vie s’il avait le malheur de la croiser. Mais cela l’excitait beaucoup. Contrairement à son ancêtre, il vouait un culte à cette femme et désirait plus que tout au monde faire parti de ses rangs et utiliser ses dons afin de la servir. Cependant, conscient que sa ressemblance lui serait fatal, il ne pris jamais ce risque de se montrer à la clairière où elle habitait. Espérant qu’un jour, Celes lui pardonnerait. Seulement ce qu’il ne savait pas, c’est que Celes suite à son retour d’entre les morts, ne possédait plus aucun souvenir de sa vie d’antan.

Rêvant d’une vie au côté de la belle Celes, celui-ci ne remarqua pas qu’il ait été repéré par Raven et le jeune Ben. Les 2 hommes le tenaient en joue avec leur sabre.

_ Halte ! Ne bougez plus. Qui êtes-vous et que faisiez-vous à nous observer ? L’interrogea Raven.

_ Je me surnomme Désastre ou peut-être me connaissez-vous sous le nom de l’Etranger. C’est ainsi que les villageois du coin me surnomment. Effectivement je vous observais, mais je ne vous veux aucun mal.

Raven l’observa pendant tout ce temps, il lui rappelait vaguement quelqu’un mais il n’arrivait pas à se souvenir de qui.

_ Désastre tu dis ? Et en quel honneur ? dit Ben. Il n’y a personne en ce monde qui ne puisse semer plus que moi le désastre.

_ Tu es bien prétentieux jeune homme.

_ Fais attention à ce que tu dis, si tu ne veux pas y laisser ta vie, rétorqua Ben.

_ Je m’appelle Raven. Si tu ne nous veux aucun mal, pourquoi donc te cachais-tu et nous observais-tu ?

_ Je souhaite prêter allégeance à la plus noble des reines.

_ Connaîtrais-tu le Maître ?

_ Oui, et je veux me ranger à vos côtés et la servir.

La porte s’ouvrit laissant place à la ravissante Celes.

_ Que se passe-t-il ?

_ Nous avons appréhendé quelqu’un. Il dit vouloir te servir…

_ C’est intéressant, faîtes-le sortir de sa cachette.

Ben l’attrapa par le bras et le souleva avec brusquerie afin de l’amener plus près d’elle. Celle-ci l’observa quelque minute puis dit enfin :

_ Il est bien trop maigre … Tuez-le !

_ Non ma reine ! Je vous en supplie !

Elle le dévisagea avec tout le mépris qu’il lui était donné. Soudain, elle se retint au chambranle de la porte. Un mal de tête la surpris, ce visage lui disait quelque chose. Raven la soutint et l’emmena s’asseoir dans la maison, suivit de Ben et Désastre qui le tenait toujours fermement par le bras.

Dans un souffle, Celes parvint à dire :

_ Qui es-tu ? J’ai l’impression de te connaître…

_ Comment ça ? Vous ne me reconnaissez pas ? Je veux dire … Mon visage … Jadis quand vous étiez Impératrice, un homme vous a trahis …
Le visage de Celes se crispa, et l’on pouvait lire dessus la colère qui montait.
_ Oh que oui ! Je me souviens maintenant … Tuez-le ! Cet homme n’est autre que mon assassin.
_ Non ma reine ! Je sais que la ressemblance est flagrante mais je ne suis que son descendant. Cet homme est mort depuis longtemps … De plus, comme j’ai honte de faire partie de sa famille. Je me suis enfui de chez moi espérant vous retrouver. Je vous admire ! Votre grandeur, votre puissance est telle ... Je ne désire rien d’autre au monde que vous servir et combattre pour vous. Je souhaiterai même reconstituer les Corbeaux Noirs comme dans le temps…

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