1.
Le lendemain du drame, dès le lever du soleil, tous
les hommes plutôt que de s’afférer à leur
travail, épaulèrent leur fusil et partirent à
la recherche de la monstrueuse bête dévoreuse de
moutons. Ils cherchèrent tant bien que mal dans les hautes
plaines et dans le bois avoisinant mais trouvèrent que de
petits animaux sauvages inoffensifs.
_
Arrêtons pour ce matin et allons plutôt manger. Cela
fait déjà 5h que nous cherchons et nous n’avons
rien trouvé. Nous perdons notre temps, dit l’un des
fermiers.
_ Oui, il a raison, rentrons, répondit un autre. Nos femmes
nous attendant pour le déjeuner.
_ Vous ne voulez donc pas sauver vos animaux ? Scanda Edward. Vous
ne souhaitez pas sauver vos familles ? Je l’ai vu de mes
propres yeux. Il était immense ! Nous sommes tous en
danger.
_ Oui mais tu vois bien que nous ne le trouverons pas en pleine
journée, dit le premier.
_ Et alors ? Vos estomacs sont plus importants que vos femmes et
vos enfants ?
_ Bien sur que non Edward, mais nous n’arriverons à
rien maintenant. Il faut rentrer.
_ Faîtes comme vous voulez, moi je continue de
chercher.
_ Tu es fou, tout seul tu ne parviendras pas à
l’abattre s’il est si grand que tu le dis.
_ J’ai un fusil, j’y arriverai. Il paiera pour ce
qu’il a fait à mes moutons.
_ C’est beaucoup trop dangereux, rentre avec nous
Edward.
_ Il est hors de question que j’arrête maintenant. Il
faut sauver notre village de la catastrophe. Qui sait à qui
s’attaquera-t-il cette nuit ? Peut-être à tes
cochons Charles ! Ou peut-être tes vaches Rob. Ou même
pire ! Nous...
_ Tu es devenu fou Ed. Jamais il ne s’attaquera à
nous. Il ne cherche qu’à se nourrir.
_ Justement... Nous serions un repas très apetissant pour un
monstre affamé. Faîtes ce que vous voulez, moi
j’y vais.
_ Soit …
Finalement, tout le monde suivit Edward. Tout le village
était solidaire et se soutenait les uns les autres. Ils
s’éloignèrent un peu plus du village
s’enfonçant dans la sombre forêt. Bien que le
soleil était à son zénith, les rayons ne
transperçaient pas les hautes cimes des arbres. Ils
étaient difficile de s’avancer dans le bois sans en
sortir avec quelques accrocs à son pantalon. De nombreuses
ronces parsemaient les chemins empêchant les fermiers de
s’aventurer davantage. Ils décidèrent alors de
faire demi-tour et de rentrer au village.
***
Quelque part ailleurs, dans le village, les femmes et les
enfants s’inquiétaient de ne pas voir rentrer leurs
maris pour le déjeuner. Etaient-ils toujours en vie ?
Avaient-ils tué la bête ? Personne ne savait. Le fils
d’Edward guettait à la fenêtre leur
arrivée quand il s’écria :
_
Les voilà, maman les voilà !! Ils arrivent.
_ Enfin, je m’inquiétais...
_ On dirait qu’ils ont capturer la bête maman.
_ C’est vrai ? Je l’espère. Nous pourrons enfin
continuer à vivre sereinement.
_ Oui maman, ne t’inquiète pas. Papa et les autres
sont forts, ils ont forcément réussi.
_ Oui mais tu as entendu ce qu’il a dit... Et puis tu as bien
vu tous nos moutons !? !
_ Je sais maman, mais il faut avoir confiance en papa.
_ Oui mon chéri, j’ai confiance en
lui.
Les fermiers marchaient en direction des maisons,
d’un pas lent. Ils traînaient derrière eux un
cadavre poussiéreux d’une immense bête noire,
aux dents pointues et aux griffes acérées. On pouvait
également voir, l’un des fermiers supporté par
deux autres. Il semblait gravement blessé. Il fut
emmené directement chez le médecin qui examina la
blessure. La bête qui venait de ramener s’était
attaquer à lui et l’avait mordu à
l’épaule. Rob avait déjà perdu beaucoup
de sang sur le chemin, et ses heures étaient
comptées. Le médecin s’occupa
immédiatement de penser la plaie et d’arrêter
l’hémorragie. Tout le monde qui avait remarqué
leur arrivée, s’empressa de sortir voir ce qui se
passait. La femme du blessée, affolé se
précipita au côté de son mari. Celui-ci
transpirait à grosse goutte, il était
fiévreux. Sa femme pris sa main et lui parla doucement. Les
autres hommes se retirèrent alors pour les laisser seul.
Peut-être était-ce là leur dernier moment
ensemble...